Doisneau-sur-Lot

1936 au lendemain du Front populaire Léo Lagrange met la France en état de choc en faisant voter la loi sur les congés payés. 15 jours de liberté par an. C'est si considérable que l'Action Française rebaptise le ministère des Loisirs « Ministère de la Paresse ».

Robert Doisneau a 25 ans, une jeune femme, Pierrette, épousée pour la vie deux ans auparavant, des amis canoéistes au service publicité de Renault où ils travaillent en choeur et dans son sac à photos qui l'accompagne partout, les livres de Giono qui chantent la nature et « le serpent d'étoiles ».

1937 : la trêve de l'été se passera à descendre la Dordogne en canoë. Camping et découverte des régions que la Dordogne traverse. Eblouissement.

1939 : le souvenir est trop fort, il faut y retourner. Licencié des usines Renault pour retards répétés au mois de juillet, Doisneau se prépare à des vacances actives : la descente de la Dordogne en canoë sera sa première commande de photographe indépendant.

C'est aux Eyzies qu'il apprendra, à la fin de l'été, la déclaration de guerre. Le scénario vire au sombre.

Retour immédiat sur Paris de Doisneau et la troupe d'une quinzaine de jeunes canoéistes qui l'accompagnent.

5 années noires militaires d'abord, résistantes ensuite suivront.

1946 : Pierre Betz installé à Souillac prépare un numéro de sa belle revue « Le Point » sur « Aubusson et la renaissance de la tapisserie ». Robert Doisneau commencera avec lui une collaboration passionnante qui l'amènera très vite à photographier Jean Lurçat qui vient d'investir les tours Saint-Laurent à Saint-Céré. L'amitié fait ricochet. Chez Jean Lurçat, Doisneau rencontre Jean Cassagnade qui lui présente à son tour son neveu Pierre Delbos.

A cette chaîne d'amis il doit son retour dans ces paysages dont il avait instinctivement senti qu'ils étaient les siens et qui deviendront dorénavant ceux des temps de pause vacanciers où ce pêcheur d'images amoureux du bitume rêvait de n'avoir plus pour objectif que la pratique de la pêche à la ligne.